25 July 2008

Une soirée top

Je pensais assister à un superbe concert de l’école de samba Mangueira, en direct du Brésil.
Je me suis retrouvée avec 3 pleupleus dans une salle vide, assourdie par un capharnaum épouvantable.

Tout d’abord, je suis arrivée à 20:30, soit avec 3 heures d'avance si l'on considère l’heure brésilienne. Et j’ai attendu Bettina dehors pendant plus de 40 minutes, elle qui m’avait dit “oui oui j’arrive dans un quart d’heure!”.

Ensuite, il y avait 4 doormen obèses, tout de noir vêtus, qui m’ont confisqué ma bouteille d’eau. J’ai supplié : “mais non c’est ma bouteille pour aller au travail ! je la remplis chaque jour au bureau !”.

Le cerbère n’a rien voulu entendre et m’a rétorqué d’un air peu commode “that’s none of my business!”.

Bon, je ne me suis pas énervée, je suis repartie attendre Bettina sur mon rebord de fenêtre. Au bout de longues minutes d’attente, meublée par une conversation dans un pidjin hispano-portugais avec un danseur de forro, j’ai décidé de rentrer dans la salle et jeter mon dévolu sur un mojito.

Je rentre dans la salle… VIDE (ou presque), à part une fille des îles à tignasse de tigresse, deux grosses fesses d’africaine moulées dans un caleçon imprimé panthère, qui lui rentrait dans la raie, et je vous passe les détails…

J’aurais eu du mal à tenir en place si j’avais été un garçon…. mais un garçon je ne suis point, et moi j'ai plutôt des fesses de playmobil m'a t-on dit un jour...

Bref, revenons à nos croupes rebondies... Ma patience ayant des limites (assez limitées), et Bettina toujours absente, je m'aprête à déguerpir, gutted. Mais lorsque je descends les escaliers pour affronter les cerbères à faciesse de repris de justice, qui vois-je ? tout étincelante de beauté avec ses barrettes brillantes qui relèvent gracieusement ses longs cheveux bouclés ? Bettina ! en personne. Avec ceci dit une heure de retard, ne soyons pas désinvoltes, n'ayons pas l'air de rien.

Je lui fais part de mon désaroi, esseulée sur ma chaise en fer à siroter un mojito tiède parmi des bombes humaines tout droit descendues de Rio.

Comme l'endroit est toujours aussi vide, on decide d'aller à l'autre fête, mais oui, celle où il y a tout le monde, à Guanabara, le club latino situé à 2 patés de maison plus loin ! On est à peine arrivées, que déjà il y a une queue de 15 mètres. (que celles qui auraient l'esprit mal tourné soient priées de s'abstenir de tout commentaire désobligeant, je tiens quand-même à la réputation de mon blog, merci vous êtes bien aimables).

Evidemment comme Bettina connait toute la clique de la samba, elle, vu que c'est une danseuse pro, elle, et bien nous on passe du côté de la queue que quand tu es "on the guest list", la queue où il n'y a que 3 personnes en fait. Sauf que nous on n'est pas sur la guest list!

Un gars en costume cravate (déjà plus raffiné que les videurs en bombers du Kiss club, tu noteras en passant) nous regarde avec un air très sérieux, comme s'il était PDG d'un club ultra privé à l'annual membership de mille livres (£1000), et nous dit avec un air pincé "bon je vais faire une exception, et vous laisser passer, mais ce sera £5 par personne!".

Mais comme nous on vient déjà de payer pour l'entrée au Kiss club où en fait il ne se passe rien, et qu'on veut juste voir ce qui se passe ici, tu penses bien qu'on refuse catégoriquement sa spéciale promotion entubage, on n'est pas idiotes non plus, alors on s'éloigne dédaigneuses, avec en prime un port de tête altier (non seulement on est des danseuses, mais en plus des princesses, ça tout le monde le sait).

Nous retournons donc au club où il ne se passe rien, sauf qu'on arrive au moment où oh! miracle!, il commence à se passer quelque chose indeed ! Les musiciens sont arrivés ! Le concert commence !
Mais prudence mes ayeux ! "pas d'effusion de joie" comme dirait mon ami Victor.

Car les 3 pleupleus de tout à l'heure n'ont pas été submergés par un tsunami humain, loin s'en faut ! nous sommes à peine un peu plus d'une trentaine dans l'immense salle.

Un petit monsieur brésilien très gros se met à taper très fort sur son petit tambour très aigu, que mes petits tympans très sensibles se sentent tout à coup très très agressés!
Si, si.

Quelques minutes plus tard, j'entraine Bettina par la main en me precipitant vers la sortie, une migraine carabinée comme la fée, et l'impression d'avoir deux noix de coco enfoncées dans les oreilles. On décide d'un commun accord (enfin c'est plus mon accord personnel que le nôtre) d'abandonner cette soirée de losers et de rentrer dans nos pénates.

Il est déjà 23 heures passées, et les événements de la soirée sont bien loin d'être finis. Sur notre chemin du métro, on croise:

-une fille qui chancèle saoûle, des dossiers de bureau sous le bras, et qui finit en roulade arrière sur le bord du trottoir
-une fille (encore), saoûle (encore) qui ne chancèle plus non, car elle a déjà chancelé, en effet elle est assise dans son vomi, en robe courte, les jambes écartées autour d'un lampadaire.

Une joli tableau, mais plutôt banal pour un jeudi soir à Londres en plein centre ville, qui me vaut un "oh my god !" non controlé.

Une fois dans le métro, tout le monde remarque une fille accroupie par terre en train de manger son sandwich. Bien française critiqueuse que je suis, je lance spontanément: "et celle-la qui mange son casse-croûte par terre !". Mais voilà que la fille se retourne et me lance furax "occupez-vous de vos affaires!"

Je ne rougis pas, je blêmis.
Elle agrémente d'un " je suis très malade! je ne me sens vraiment pas bien!".

Bien joué Elsa, j'avais oublié qu'il n'y a pas que des anglais à Londres...

Penaude je lui réponds: "ah mais asseyez-vous madame, regardez il y a de la place ici, asseyez-vous, je vous en prie!" tentant de lui proposer mon bout de banquette près de la fenêtre.

Je descends à Liverpool street pour prendre mon train, Bettina me racontera plus tard que je n'ai pas eu de chance car je suis vraiment tombée sur une maboule, complètement "névrosée" pour reprendre ses propres termes, et qui a fini par aller s'asseoir lorsqu'une place vacante s'est présentée, pavanant ainsi un énorme postérieur parait-il, ainsi que du chewing gum collé sur son top en soie.

Une fois dans mon train, on ne relève pas le niveau, loin de là : un troupeau de folles avinées hurlent dans le carriage et une grasse décorée d'un serre-tête à paillettes rose fluo with matching plastic earrings agite son bras graisseux sous le nez non choqué de ses compatriotes en criant "smell my armpit!" (?!).

En me couchant à minuit, ma dernière pensée fut: "mmmhhh voilà de la bonne matière qui va faire un beau post sur Elzaz blog !".

2 comments:

  1. jean marc00:29

    Tres bon les fragrances d'armpit (bull?)
    shell mon mari comme on dit pour faire posh entre deux bras
    smell toi te tes affaires elles aurait pu dire l'autre timbrée.
    Elsa t es zazou za zai zur

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  2. encore un commentaire génialissime comme d'habitude, JM et ses jeux de mots ! :)

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